Nous projetons notre psyché sous forme décorative en choisissant des œuvres durables sur nos murs. Une fois installés dans notre espace intérieur, leur univers symbolique nous influence à son tour.

Les 9 Catégories (Rasas)

L’art d’inspiration « sattvique » a la capacité d’interpeller le potentiel le plus noble qui sommeille en chaque Dosha. Entouré de telles œuvres 
« sattviques », le Vata se révèle inspiré et créatif, le Pitta enthousiaste et communicatif et le Kapha altruiste et généreux.

Neuf catégories ou « Rasas » classent les émotions véhiculées par l’art décoratif au travers de la maison. Trois d’entre elles sont de nature « sattvique », trois « rajasique » et trois « tamasique ». Et chaque catégorie se subdivise en une expression plus inspirée (Sattva), une émotionnelle (Rajas) et enfin une dernière sensorielle (Tamas).

Les 3 catégories Sattva

L’art relié à Sattva est d’essence spirituelle et relaie dans l’espace une atmosphère d’émerveillement, d’harmonie liée tantôt à la beauté de la nature, tantôt au silence et à la paix intérieure. Le charme des œuvres « sattviques » éveille en celui qui les contemple un esprit radieux. Une oeuvre « sattvique » abstraite manifestera toujours de la grâce dans ses forme une harmonie dans ses couleurs.

Shanta

Shanta est la qualité supérieure d’une oeuvre qui dégage de la paix intérieure, inspire la méditation, éveille un sentiment d’unité avec tout ce qui est. Certaines œuvres impressionnistes, tels les nymphéas de Monet sont de nature Shanta, la plus « sattvique ».

Hashya

Hashya appelle l’amusement la joie, les sentiments purs, la légèreté et l’insouciance dans le relationnel (Rajas). Des anges espiègles, des enfants qui s’amusent, des fées et esprits de la nature, des papillons, oiseaux et autres animaux dans une nature printanière sont quelques exemples d’Hashya.

Shingara

Shingara enfin traduit la grâce divine s’exprimant cette fois au travers de formes aussi belles qu’envoûtantes. À la fois sensuelles (Tamas), tendres mais d’une âme nécessairement noble, les beautés mythiques et éternelles sont de nature Shingara, telles les éblouissantes déesses Aphrodite ou les trois Grâces… Pourvu qu’elles expriment l’équilibre, des figures abstraites au tracé délicat relèvent également de Shingara !

Les 3 catégories Rajas

Les œuvres Rajas dénotent davantage d’émotions intenses, parfois trop exacerbées pour inspirer la moindre clarté de cœur. Les émotions Rajas puisent leur exaltation émotionnelle dans l’héroïsme, la mélancolie, l’attachement, la passion mais aussi dans la colère et les conflits ; les dernières enfin, ravagent le cœur de sentiments sombres et pathétiques.

Vira

Vira sont les œuvres synonymes d’héroïsme les plus positives : elles célèbrent les traits de bravoure et de patriotisme, glorifiant les victoires sur l’ennemi et les couronnant pour leurs exploits. Bouillonnantes de passion et dénuées de toute quiétude, on les retrouve de-ci delà dans les chambres d’adolescents au gré d’affiches de films d’action, de vedettes sportives, de voitures de sport où l’affect et l’ego inondent le référent symbolique.

Rudra

Rudra excite la fureur et la colère au travers de batailles, de scènes guerrières ou de chasse. Nombre de tableaux issus de la mythologie (l’enlèvement des Sabines, par exemple), d’affiches de films de guerre et tableaux de chasse, des affiches de mangas japonais sont ainsi source d’agitation, de tensions intérieures (certaines couettes de lit d’enfants, trop agitées, perturbent le sommeil).

Karuna

Karuna manifeste un goût pour le mélodrame, soulevant des émotions tragiques nées d’un amour déchiré, de l’abandon ou d’une séparation. Leurs scènes sont pétries de désespoir et de chagrins inconsolables (tels « Le Titanic » et autres films mêlant des amours foudroyées par de tragiques destinées, « La mise d’Attala au tombeau », « La mort de Mara », « La Passion du Christ »). Les héros sont déchirés par la dualité du Bien et du Mal, fascinés par des sentiments romantiques ténébreux, aux portes du fantastique (les épisodes guerriers de l’oeuvre de Tolkien)…

Les 3 catégories Tamas

L’art inspiré par Tamas exprime toujours la fascination pour les ténèbres et les pulsions de Thanatos. Romantiques noires, néo-baroques ou destructrices, ces œuvres cultivent la déstructuration, le chaos et la souffrance aussi bien physique que mentale. Et l’esprit noyé dans la confusion « tamasique » est tantôt séduit par la mort et son cortège de fantasmes sombres…

Adbhuta

Adbhuta suscite un respect mêlé d’effroi ; sa majesté impressionnante a le goût du danger, attirant et effrayant à la fois. Des images de catastrophes, de cataclysmes et de naufrages (scènes dramatiques que des adolescents exposent parfois dans leur chambre au travers d’affiches de films) ; des œuvres engagées sur le thème de la fin du monde ou désastres écologiques. Même si ces œuvres ont pour but de faire réfléchir, elles devraient se contenir dans les galeries d’exposition, dans des installations publiques temporaires, au cinéma et non se cristalliser, parfois pour des années, sur les murs d’une habitation !

vibhatsa

Vibhatsa fait naître la répulsion et le dégoût ; il peut s’agir d’œuvres politiques engagées d’un art abstrait tourmenté exprimant la violence, par exemple, sous forme de giclées sang… 

Bhayanaka

Bhayanaka évoque, elle, les torpeurs noires de l’âme torturée qui cultive la destruction, se délecte du morbide et du chaos (telle l’oeuvre littéraire du comte de Lautréamont ou certains groupes musicaux extrêmement violents mariant la mort, des crânes ou créatures fantastiques cauchemardesques).

Dans chacune des catégories, les œuvres les plus « sattviques » (de type Shanta, Vira et Adbhuta) expriment soit la grandeur d’âme, soit une forme de majesté et de noblesse quel qu’en soit le thème. Les œuvres classées « rajasiques » et donc émotionnelles (Hasya, Rudra et Bibhatsa) puisent leurs thèmes dans le monde des sentiments profonds, intenses ou dramatiques. Enfin, les représentations de type « tamasique » (Shingara, Karuna et Bhayanaka) jaillissent de l’univers du corps et des instincts.
Si les Rajas concernent plus directement l’art figuratif, un tableau abstrait peut se révéler lui aussi de nature « sattvique », « rajasique » ou « tamasique ». En quelques aplats de couleurs et de matières, il compose son énergie propre à partir de matériaux et de coloris, d’un titre, d’un Prâna propre à l’artiste, d’une émotion esthétique, d’une interprétation…

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