Nos civilisations modernes nous ont profondément coupés de la Nature et du contact avec la source de toutes les énergies vitales. L’eau et les aliments sont pour la plupart d’origine inconnue. Le soleil, jadis honoré dans toutes les civilisations, n’est plus qu’une source de chaleur. Le Feu, l’Air, l’Eau et toutes les énergies élémentaires dépassent pourtant l’univers des croyances animistes : ils constituent les fondements de notre monde. Et si un seul venait à disparaître, l’univers entier dans sa forme actuelle s’éteindrait instantanément.

Brahmã, Créateur universel

Dans la nuit des temps, plongé dans un vide absolu et éternel, Brahmã désira se connaître lui-même. Grâce à une longue méditation, son expansion commença tel un fabuleux Big Bang. Il donna au monde terrestre à peine naissant la forme d’un œuf gigantesque et insuffla son énergie spirituelle de part en part dans l’univers au cœur des êtres et des choses, les animant de vie. Ce souffle vital, le Praña, emplit ainsi tout ce qui est, traverse la matière, habite les étoiles et les galaxies, les montagnes et les mers.

Le Praña indien est le pont énergétique entre le Ciel et la Terre, entre le Créateur et les hommes. Ce souffle de l’univers circule partout, en nous et en tous lieux donc aussi dans la maison.

La qualité de ce souffle vital dans l’habitat ne dépend pas seulement de la disposition des pièces, de leur volume ou de la longueur des couloirs mais de sa pureté. Limpide, ce flux vital qui anime nos intérieurs se purifie à la source unique du soleil qui le revigore, le ressource et le charge de vibrations élevées. Dans le Vastu, Surya, dieu du Soleil est certainement la plus importantes des forces divines.

Le Soleil purificateur

Si le Prãna ne se voit pas et ne se mesure pas, il se perçoit naturellement au travers du bien-être ressenti dans un endroit et non dans d’autres. Certaines maisons respirent l’équilibre et l’harmonie; dans d’autres ne s’y succèdent que des familles stressées et lassées par les épreuves. La source initiale de vie et de Prãna, c’est le soleil qui l’apporte dans la demeure…

Surya est une déité qui éveille le succès, l’expansion et la puissance infinie.

Une fois le soleil levé, le Prãna en absorbe le rayonnement. Selon l’endroit où il se situe dans le monde, son souffle vital reçoit une qualité de lumière particulière. La partie Est d’un terrain est arrosée par d’une lumière pure, blanche et revigorante dès les premières minutes matinales. C’est le souffle originel de Surya. Le soleil couvre ensuite dès l’après-midi l’ouest du même terrain; sa lumière devenue chaude et intense irradie un rayonnement apaisant enclin au sommeil.

A chaque heure du jour, le Prãna change progressivement d’intensité, il vire du blanc pur de l’aurore aux teintes chaudes et dorées du crépuscule. Dans sa course circulaire autour de la maison, le soleil inonde les pièces situées à l’est d’un Prãna vif et actif, et elles situées à l’ouest d’un Prãna apaisant et lent.

 Le Vastu utilise la course du soleil pour localiser l’empreinte de ce souffle de vie dans la maison. La boussole est donc accessoire (elle ne fait référence qu’aux forces telluriques).

Les 3 qualités du Prãna

Le Prãna solaire peut être de plusieurs qualités selon la direction par laquelle il arrive. Il reçoit soit une qualité (Guna) “Sattva” et revigorante soit “Tamas” et intériorisée.

Ultraviolets et infrarouges

Le soleil a un spectre très large dont l’œil ne perçoit seulement qu’une infime partie appelée “lumière”. La lumière visible entre 400 et 780 nanomètres. Mais les ondes plus longues et plus courtes, même invisibles à l’œil nu, affectent aussi le corps et le psychisme. Ainsi les rayons ultraviolets (ondes longues) et les infrarouges (ondes courtes) accompagnent le soleil qui pénètre à l’intérieur de la maison.

On appelle “lumière froide” les rayons solaires chargés d’ultraviolets que l’on trouve en plus grande quantité dans le soleil matinal de l’est composé de lumière blanche, vivifiante aux reflets presqu’argentés. Une pièce orientée à l’est bénéficie d’un Prãna empreint d’une atmosphère ionisée mêlée d’une quantité appréciable de rayons solaires ultraviolets. Ce rayonnement sattvique favorise l’équilibre, le renouvellement cellulaire parmi ses effets bénéfiques sur la santé et le système nerveux.

Les infrarouges, davantage présents dans le courant de l’après-midi, accompagnent la tiédeur du soleil de l’ouest, irradiant les paysages de sa chaleur et de ses reflets ambrés. L’espace situé à l’ouest se charge d’un Prãna de type “tamasique” imprégné d’infrarouges. Ces rayons imprègnent la maison d’une énergie descendante et dégénérative.

Une porte d'entrée et une porte de sortie pour faire circuler le Prãna

Le Prãna entre avec intensité par les portes et les fenêtres. Lorsqu’on se déplace, on entraîne du Prãna avec soi. Ainsi la porte d’entrée principale génère une circulation de ce flux vital symboliquement plus dense que partout ailleurs dans la maison.

Ce qui entre doit pouvoir ressortir afin de laisser une place aux énergies nouvelles. Le Vastu conseille donc de disposer de 2 portes : une grande porte d’entrée de préférence dans une direction “sattvique” (est ou nord) par laquelle on entre avec la nourriture et une porte arrière si possible dans une direction “tamasique” pour sortir le Prãna plus lourd en même temps que les poubelles ou le compost.

Ensemble ces 2 portes assurent un courant d’air symbolique, le renouvellement naturel du Prãna. Elles distinguent clairement les énergies ascendantes que l’on introduit chez soi et celles, usées que l’on évacue.

Si une 2ème porte n’existe pas, le Vastu conseille d’aérer en créant un courant d’air entre une direction sattvique (est ou nord) et tamasique (ouest ou sud).

Le Prãna traverse également sans peine les matières perméables, en verre ou transparente. Ainsi les murs aux parois fines ou composées de matières naturelles et semi-perméables (brique,  bois, chaux, terre, plâtres naturels, pierres naturelles, argile) laisseront s’y infiltrer une quantité appréciable. Bâtie de matériaux naturels, la maison respire.

Un immeuble fait d’une architecture de métal et de verre recevra sans conteste un intense Prãna, trop intense même. Au contraire des couches épaisses de pierres et de ciment, les façades aveugles, les matériaux synthétiques et imperméables (béton armé, aluminium, PVC, isolants synthétiques, laines et fibres de verre) feront écran au Prãna et repousseront son influence bénéfique à l’extérieur de la maison. Le Prãna agit comme un poste de réception, un entonnoir où les forces naturelles se déversent sans fin et s’accélèrent la où les ouvertures l’accueillent.

La circulation du Praña

Dans la nature tout est courbe : une rivière coule dans un lit sinueux, le tronc d’un arbre est circulaire. De même, c’est encore la rondeur qui accompagne toutes les formes de notre corps dont aucune ligne n’est parfaitement droite.

Le Praña circule, lui aussi, empruntant ces “couloirs invisibles” laissés dans la matière, de façon irrégulière et souple. Au nord-est, il mêle ensemble les énergies du nord et de l’est, comme une spirale. Il marie des énergies de la maison et les draine vers le sol, où elles rejoignent ensuite la terre. L’est est chargé d’un champ solaire et cosmique; le nord d’un champ tellurique et électromagnétique. Le Praña recevra toujours une haute qualité “sattvique” dans l’angle nord-est de la maison. Quelle que soit la pièce qui s’y trouve. C’est à partir de là, nous enseigne le Vastu, que le Praña rayonne dans toute l’habitation…

Sattva s’engorgera abondamment dans une entrée située au nord, à l’est ou (mieux encore) au nord-est de la maison. L’idéal serait, bien sûr, de disposer d’une entrée dans cette direction ! Le Prâna « sattvique » d’une pièce au nord-est aura tendance à relier ses habitants à la confiance et à la puissance intérieure, source de paix. Toute pièce (quelle qu’en soit l’attribution dans la maison) située au nord-est de l’ensemble de la maison recevra une intensité d’ultraviolets bienfaisante pour le psychisme et le champ vital des habitants.

Ouvrez régulièrement les fenêtres dans les directions nord, est et nord-est et aménageons-y de préférence les pièces à vivre. La lumière doit abonder dans les directions Sattva : naturelle le jour et artificielle le soir. Les éclairages intérieurs (« sattviques » de préférence, c’est-à-dire dirigés vers le plafond) se doivent de renforcer symboliquement le Prâna déficient.

Par exemple, une buanderie au nord-est ne mettra pas à profit le Prâna « sattvique » pour nourrir l’inspiration et la créativité des habitants. Perdu dans l’espace stagnant de cette buanderie, le Prâna encouragera au moins à l’ordre et au rangement de l’habitation. En revanche, une cuisine située au nord-est de la maison prodiguera une inspiration créatrice aux femmes dans leur envol social, professionnel ou artistique. Si le nord-est se situe dans le salon, c’est la qualité des échanges qui est visée dans les relations sociales et l’attention portée au bien-être interne à la famille plutôt que dans l’expansion extérieure.

En passant par le Nord-Ouest et le Sud-Est...

Progressivement, ce Prâna très pur déambule dans l’habitation et, de pièce en pièce, se mêle aux autres énergies divines. De Sattva, devient Rajas et son niveau vibratoire nourrit la vie quotidienne de la famille.

Et achevant sa course au Sud-Ouest

Le Prâna de type Rajas continue sa progression dans la maison. À la rencontre des portes et des fenêtres aux sud, ouest et sud-ouest, il reçoit désormais un Prâna de plus en plus lourd et statique. Il déclinera de proche en proche jusqu’à l’inertie.
Toute pièce située au sud-ouest ralentit les activités qui s’y déroulent et leur donne un caractère calme et stable.  Dans une entreprise, c’est l’endroit idéal pour le classement des archives. Dans une maison, un salon situé au sud-ouest (surtout mal éclairé ou peint dans des tons foncés) tourne la vie familiale vers une routine sans grand renouveau.

Conseils pour élever la vibration du Prâna

Si l’entrée principale ne se situe pas dans une direction “sattvique”, quelques techniques peuvent renforcer Sattva

  • Éclairer abondamment la pièce située au nord-est en ouvrant les rideaux ou en recourant à l’éclairage d’un halogène vers le plafond. Si nécessaire, au rez-de-chaussée, coller éventuellement un film plastique à effet de verre dépoli qui obstrue la vue, mais accueille un maximum de lumière naturelle. Évitez d’y mettre des couleurs « tamasiques » sombres, beiges ou teintées de gris.
  • Aux fenêtres sud-ouest de l’habitation, en revanche, fermez autant que possible les rideaux. Si cette pièce est vitale pour la maison (salon ou cuisine, par exemple), tamisez les ouvertures durant vos absences : la journée, si l’on travaille à l’extérieur, tirez un voilage ou tendez un store.
  • Placez, si possible, contre le mur sud-ouest une armoire de taille importante ou des étagères de rangement afin de faire écran. Disposez au sol, juste contre le mur, une rangée de galets, de statues ou de pots de plantes en terre cuite pour leur effet d’enracinement.
  • Créez une entrée lumineuse, aérée et décorée de symboliques décoratives inspirantes.
  • Assurez-vous que le long d’une ligne imaginaire reliant le nord-est au sud-ouest, aucun meuble ne fasse obstacle à la circulation du Prâna. Si des murs entravent la circulation fluide du Prâna, dirigez vers ceux-ci des spots directionnels ou suspendez-y des tableaux et symboliques décoratives uniquement de type « sattvique » : comme des fleurs, des paysages apaisants, des paons, des papillons… Laissons les portes entrebâillées pour laisser fluide le passage du Prâna d’une pièce à l’autre, voire ôtez des portes pour une circulation continue.
  • Lorsque c’est possible, changez l’attribution des pièces aux nord-est et sud-ouest. On peut échanger le rôle des pièces au nord-est de façon à y inaugurer une bibliothèque, un bureau, un salon ou une pièce de méditation. Au sud-ouest, il convient de consacrer une pièce de rangement, une chambre à coucher, une salle de bains’, une buanderie, un dressing…
  • Une pièce au sud-ouest doit généralement demeurer dans la pénombre et ne jamais disposer de grandes fenêtres. Si c’est le cas, tentez de rompre le lien de la pièce sud-ouest avec le restant de la maison, en fermant la porte ou en plaçant un paravent, une cloison amovible, des stores japonais, des voilages, par exemple. Placez, le cas échéant, sur la porte reliant la pièce sud-ouest aux autres pièces un petit miroir à hauteur des yeux : il en redirigera le flux hors de la pièce.